Vernissage expo Michel Kozuch
N’est-il pas prétentieux d’écrire sur sa propre production, qu’elle soit artistique ou non ? Il manque immanquablement la distance indispensable à une perception objective et détachée. Je serais par ailleurs très sévère si je devais analyser et écrire ma propre critique.
Je ne suis pas un admirateur acharné de mes productions dites artistiques. Je vais néanmoins me risquer à fournir quelques éclaircissements.
Souvent considéré comme un peintre figuratif, voire hyperréaliste, je ne me reconnais pas dans cette interprétation. Les paysages, qui constituent la majorité de mon travail, sont presque tous imaginaires : ils sont donc des représentations mentales influencées par le réel et par le travail d’autres artistes.
À chaque exposition, une partie du public croit reconnaître et identifier certains endroits, alors même que ces lieux n’existent pas. Je tente vainement de pirater la lumière. Cette quête est illusoire : elle sera toujours plus belle et plus intense dans la nature infalsifiable.
Je voudrais être un maraudeur de lumière et un braconnier voleur de clarté.
La précision et l’exactitude ne constituent pas ma préoccupation essentielle, même si les apparences peuvent laisser penser le contraire.
Lorsque je peins durant de longues heures en scrutant ma toile, j’ai l’impression de réaliser des miniatures abstraites qui, une fois assemblées, créent une image, comme les pièces d’un puzzle.
Je fais ainsi l’économie d’acheter des boîtes de puzzle, moi qui déteste les puzzles.
Michel Kozuck