Ce samedi 10 octobre 2026, la salle Luc Hommel de Dison a vibré sous l’impulsion de Lord Kossity. De retour sur la scène européenne avec l’énergie d’un titan, le patron du dancehall francophone a prouvé que plus de trente ans de carrière n’ont rien enlevé à sa fougue, offrant au public verviétois un voyage temporel mémorable entre nostalgie brûlante et futurs hymnes.
« Je n’ai jamais disparu », aime à rappeler l’artiste à quiconque interroge sa discrétion dans nos contrées. Si ses apparitions se font plus rares en Europe, Lord Kossity n’a en réalité jamais baissé la garde, arpentant sans relâche les scènes des États-Unis, de la Jamaïque ou de la Colombie pour affûter son art. Cette hyperactivité internationale s’est ressentie dès la première minute d’un concert fleuve où le temps ne semblait plus avoir de prise. Mais avant que la star de la soirée n’impose son style, le terrain avait été magistralement préparé par les premières parties, dont Stoneman et Daddy Cookiz. Ces derniers ont véritablement embrasé la salle en multipliant les incursions au milieu d’une foule en délire, transformant ce qui devait être une simple mise en bouche en un authentique concert dans le concert.
Lorsque Lord Kossity a enfin investi le plateau de la salle Luc Hommel, la communion avec le public a été immédiate et totale. Généreux jusqu’à l’excès, l’artiste a enchaîné une quarantaine de morceaux à un rythme effréné, puisant généreusement dans ses incontournables classiques comme Ma Benz ou Morenas. Toujours à l’écoute de son audience, il est allé jusqu’à interpréter des titres réclamés par des fans croisés dans les coulisses juste avant le show, allant jusqu’à inviter trois spectatrices à le rejoindre sur scène pour une démonstration de danse qui a laissé la foule médusée par tant de maîtrise. Entre cette alchimie scénique et la présentation de titres inédits — dont un morceau percutant où résonne la voix de Kool Shen —, Kossity a esquissé les contours de sa prochaine étape discographique intitulée Archéo Futur.
Ce projet s’annonce comme une odyssée sonore à l’image de sa performance disonaise : une passerelle vibrante entre l’héritage du passé et les sonorités de demain. Car loin de se cantonner au rôle d’ambianceur, l’icône sait aussi se faire le porte-voix des luttes contemporaines en abordant de front le racisme et les discriminations dans ses nouveaux textes. Cette exigence artistique renouvelée s’incarnera très prochainement dans un raz-de-marée créatif sans précédent, avec pas moins de quatre albums déjà enregistrés couvrant le hip-hop, le reggae, la soul et même un dernier en créole. Une ambition dévorante guidée par une ligne de conduite claire : « Le jour où je ne pourrais plus sortir d’album, je vais arrêter ». Mais au vu de la démonstration de force livrée ce samedi, cette retraite paraît plus éloignée que jamais. Lord Kossity continue de tracer sa route avec la conviction farouche des grands bâtisseurs, prouvant à chaque apparition que « tout est possible pour peu qu’on se donne les moyens ».