Rédaction : Patrick Ndibwalonji Badibanga // Photos : Brice Gelot
Pour sa première présentation majeure en Belgique, le photographe français Brice Gelot investira le Parc Expo de Liège les 5 et 6 septembre 2026 lors de la Tox Cit’Ink Tattoo Convention. Fort de plus de 20 ans de pratique, l’artiste y présentera une sélection d’œuvres issues de ses séries documentaires consacrées aux cultures urbaines, aux communautés marginalisées et aux réalités sociales contemporaines — un regard sans filtre forgé notamment auprès de la mafia et des gangs de rue.
« Très très jeune, on m’a dit : “Regarde la bas, il y a un repère de punk, il ne faut pas y aller.” Forcément, j’y suis allé » nous confie Brice quand on lui demande de nous raconter le point de départ de sa vocation. Observer l’obscurité exige parfois de braquer la lumière là où personne n’ose regarder. Et, c’est de cette urgence visuelle que tout est parti. Depuis plus de vingt ans, cet observateur du quotidien explore les réalités sociales les plus brutales de notre époque. Nourri dès sa jeunesse par la culture du skateboard et du tatouage, l’artiste s’est naturellement affranchi des peurs ordinaires pour franchir le seuil des univers marginaux.
Cette familiarité précoce avec la contre-culture l’a conduit à rejeter les a priori sociaux, guidé par la conviction profonde que chaque communauté reléguée dans l’ombre mérite d’être révélée au monde. Motivé par cette quête d’authenticité, il a progressivement poussé ses investigations vers des territoires extrêmes, acquérant une renommée internationale en intégrant des milieux ultra-fermés tels que la mafia de Naples ou les gangs de Los Angeles.
Une méthodologie de l’invisibilité
Cette capacité rare à infiltrer les milieux les plus étanches s’explique par un accès exclusif : ce sont souvent les sujets eux-mêmes, désireux de témoigner de leur quotidien, qui sollicitent directement son objectif. Une fois invité au cœur de ces microsociétés, le photojournaliste rejette la mise en scène au profit d’immersions totales s’étalant sur plusieurs mois. À force de présence constante et de patience, l’appareil photo finit par s’effacer, permettant d’immortaliser des instants d’une vérité brute et désarmante.
Cette recherche d’authenticité se traduit également dans sa signature visuelle par un recours exclusif au format paysage pour ses portraits. Refusant la facilité du cadre vertical, cette rigueur de composition l’oblige à intégrer pleinement le sujet dans son environnement géographique et social.
Une première d’envergure en Belgique
Les 5 et 6 septembre 2026, le Parc Expo de Liège accueillera cette toute première exposition majeure de l’artiste en Belgique, organisée dans le cadre de la Tox Cit’Ink Tattoo Convention. Cet événement réunira une sélection de ses séries documentaires consacrées aux cultures urbaines, aux réalités sociales contemporaines et aux figures marginales.
Présent tout au long du week-end pour échanger avec le public, Brice Gelot y dévoilera également ses ouvrages photographiques et tirages d’art, notamment ses éditions collectors distribuées principalement par les Fnacs. Une occasion unique de contempler le travail d’un passeur d’images hors norme.