Ancien journaliste devenu maître de la parodie, Thomas Barbazan débarque à Liège le 28 mai prochain avec Je ne suis pas une IA. Organisé par Pop Katari au Hangar, ce spectacle hybride entre stand-up, parodies musicales et imitations de célébrités prouve que rien ne remplace le génie de l’imperfection humaine.
« Je n'étais pas assez fort pour me battre, donc je faisais rire les copains : c'était plus simple. » Cette confession de Thomas Barbazan résonne comme l'acte de naissance d'une vocation qui ne dit pas encore son nom. Très tôt, l'humour est devenu son bouclier, mais aussi sa boussole. Aujourd'hui, cette pulsion créative est restée sauvage : « J’écris parfois pendant que je dors et ça me réveille », nous confie-t-il, illustrant un processus organique qui refuse de se plier à une routine. Lui préfère se laisser frapper par l’inspiration, quitte à produire cinq idées géniales en une journée puis à rester muet pendant des jours.
C’est cette spontanéité, héritée de ses années de libre antenne, qu’il apporte aujourd’hui sur scène. Pourtant, le chemin vers les planches ne fut pas une ligne droite. « J’ai rencontré au début de ma carrière de journaliste, qui n’a jamais eu lieu, des gens qui ne m’ont pas donné envie de continuer », avoue-t-il avec cette franchise teintée d’ironie. Formé au journalisme, passé par les rédactions de La Provence et les studios de Générations 88.2, il a fini par bifurquer. L’info pure n’étant pas sa came, il a rapidement glissé vers l’animation, transformant son micro en instrument de dérision à travers le personnage de DJ Chelou.
Ce disc jockey déjanté, capable de mélanger les univers de chanteurs populaires dans des mashups improbables, est devenu sa signature. Avec ce personnage, il a créé les célèbres « Soirées Chelou », de véritables plateaux d'humour où il partageait la scène avec les pépites de la nouvelle garde comme Djamil le Shlag et Benjamin Tranié. Ensemble, ils ont conquis des salles mythiques, de l’Olympia au Trianon, prouvant que son univers musical et décalé possédait une force de frappe nationale.
Si vous voulez à la fois voir Jean-Jacques Goldman et Kaaris sur la même scène, vous êtes au bon endroit. Son spectacle actuel, Je ne suis pas une IA, est une réponse frontale à la froideur des algorithmes. Barbazan y déploie sa palette hybride : entre deux parodies musicales percutantes, il aborde des thèmes de société qui lui servent de transitions naturelles, liant le rire à la réflexion. Là où l’intelligence artificielle propose des remixes aseptisés de rappeurs chantant de la musique de dessin animé, lui propose du vivant, de la sueur et de la vibration. « Chanter et raconter des conneries, c’est vraiment mes deux passions », résume-t-il simplement.
Le spectacle est un carrefour générationnel. Nourri à la variété des années 60 de sa mère et au rap explosif des années 90 (IAM, NTM) découvert lors de son adolescence, Barbazan jongle avec les époques. Il imite Christophe Maé avec la même ferveur qu’il parodie Rocky ou les figures du rap actuel, créant un pont entre le texte d'antan et la "mélo" d'aujourd'hui. Ce n'est pas un hasard si ses idoles de jeunesse, ces pionniers du rap qu'il vénérait, partagent désormais ses sketchs sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, ce laboratoire d'humour et de musique s'installe en terre liégeoise. Un rendez-vous pour ceux qui préfèrent encore le grain d'une voix aux calculs d'un processeur.