Rédaction et Photos : Lucas Gilson
Ce vendredi 27 mars, le CPCR a vibré au rythme d’une mobilisation d’un genre nouveau. Organisée par le collectif Radis Co., la soirée Dance F(lo)or Résistance a transformé la piste de danse en un espace de solidarité active. Entre karaoké déchaîné et sets de DJ survitaminés, l’événement a réussi le pari de conjuguer fête populaire et soutien financier au CRACPE, prouvant que l’engagement citoyen peut aussi s’écrire en mouvements de corps et en sueur.
« Je m’amuse trop bien, il y a plein de monde, même des gens qu’on ne connaît pas ! J’ai vraiment l’impression d’avoir organisé une boum ! » Ces mots, hurlés par une membre du Radis Co. pour couvrir les basses d’une salle en ébullition, témoignent de la stupéfaction des organisateurs face au succès de l'événement. Malgré la jeunesse du collectif et un changement de lieu de dernière minute qui aurait pu en décourager plus d'un, l'affluence a dépassé toutes les attentes dès l'ouverture des portes à 20h30.
L'appel du micro a rapidement brisé la glace. Si les premiers chanteurs affichaient une réserve de circonstance, l'énergie communicative des membres du Radis Co. a su renverser la vapeur. En puisant dans un répertoire de classiques indémodables, des synthétiseurs nocturnes des Démons de minuit aux épopées rock de L’Aventurier, le karaoké a mué l'assemblée en une chorale unie, chantant chaque refrain à tue-tête.
Cette communion vocale a trouvé son prolongement naturel dans le mouvement lorsque DJ MartyAngel a pris les commandes de la régie. Inspiré comme jamais, l'artiste a tissé un lien serré entre les hymnes incontournables des années 2000 et les productions les plus actuelles. Ce set varié et d'une intensité constante a agi comme un moteur thermique, empêchant la piste de danse de refroidir alors que la soirée basculait vers sa dimension politique.
Car derrière l'insouciance apparente de la boum, chaque déhanchement portait une revendication. L’objectif affiché était limpide : danser pour la résistance. Tous les bénéfices récoltés ont été reversés au CRACPE, un collectif qui, depuis 1999, se dresse contre la politique des centres fermés pour étrangers. Ici, la fête ne servait pas d'exutoire à la réalité, mais de levier pour la transformer.
Pourtant, cette gravité militante n'a jamais entravé la ferveur de la célébration. C’est dans cet équilibre parfait que le duo DJ OrK & Warasu a succédé à MartyAngel, bien décidé à porter l’ambiance à son point de rupture. Sous leurs platines, la température est montée d’un cran, forçant les derniers participants à abandonner leurs pulls pour se livrer totalement à la musique.
En quittant le CPCR, le constat était sans appel : ce collectif tout frais possède une force de frappe qu’il faudra désormais suivre de près. Radis Co. a non seulement offert une fête mémorable, mais a surtout rappelé que la résistance la plus efficace est parfois celle qui commence par un pas de danse partagé avec un inconnu.