Ce vendredi 12 juin 2026, Daddy Cookiz et le producteur anglais Simma sortent leur nouvel EP, Where My Style Comes From. Un projet à la croisée du reggae rétro et de l’engagement pur, à découvrir lors d’une release party électrique au Primitive à Fléron. Rencontre dans les coulisses d’une création à contre-courant.
« Ça peut venir à n’importe quel moment : sur mon vélo, en voiture. » Pour Daddy Cookiz, l’acte de création ignore les horaires et les cadres établis. Il naît d’un flux du quotidien, dicté par le vécu, les sons captés au vol et les ressentis. Ce processus itératif commence bien avant de franchir les portes du studio. Guidé par des riddims changeants, l’artiste pose d’abord ses textes sur un rythme, avant de les bousculer en les adaptant à une tout autre cadence pour faire naître des refrains inattendus. Ce n’est qu’après ce minutieux travail d’orfèvre que s’ouvrent les portes de son sanctuaire. « J’ai mon studio, ici à la maison », confie-t-il. Cet espace intime, où chaque instrument reste perpétuellement branché, devient le laboratoire idéal pour expérimenter les idées à chaud, concevoir les maquettes et peaufiner les morceaux jusqu’à leur essence la plus brute.
Cet artisanat musical s’accompagne d’une philosophie farouche face à l’industrie moderne. Naviguer dans le flot continu du streaming exige de ne pas y perdre son âme. C’est pourquoi, face à la tyrannie des algorithmes et des plateformes musicales, Daddy Cookiz et Simma font le choix audacieux du retour à l’objet physique. Bien que l’EP soit disponible sur toutes les plateformes numériques, le duo privilégie la matérialité et la chaleur de l’analogique : après un format vinyle, une cassette enrichie de remixes exclusifs verra ainsi le jour en septembre.
Cette quête d’authenticité se reflète profondément dans les thématiques d’un projet engagé et dénué de clichés. Loin des sentiers battus, le disque s’ouvre sur une réflexion autour de la culture des sound systems et de la place singulière que chacun occupe au sein d’une chanson. Puis, une collaboration avec la chanteuse Ponchita Peligros redéfinit les codes du genre. Ici, point de refrain féminin réducteur ou décoratif, mais un véritable espace d’expression partagé d’égal à égal. Plus incisif, le projet sait aussi se faire agressif et viscéral, abordant de front la dureté de la compétition moderne ou le besoin vital de déconnexion. « Des fois j’ai envie de me faire deux mois sans rien publier sur les réseaux », avoue l’artiste, traduisant ce besoin viscéral de s’isoler pour réussir à respirer.
Si l’amour du rap reste intact chez Daddy Cookiz, c’est le choc esthétique de la culture sound system jamaïcaine qui a scellé son destin musical. Profondément inspiré par des figures tutélaires telles que Super Cat ou les Nèg' Marrons, il s’est imprégné de cette philosophie de rue, de ses expressions et de la rythmique de son patois. C’est cet héritage brut, à la fois historique et modernisé avec brio, qu’il s’apprête à propulser sur scène. Un retour aux sources salvateur qui fera vibrer les murs du Primitive ce vendredi 12 juin.