Du 5 juin 2026 au 3 janvier 2027, le Musée de la Vie wallonne propose une immersion saisissante dans le passé ouvrier et artistique de la région à travers une double exposition majeure : Gustave Marissiaux : La mine en lumière et François Maréchal : Mémoire gravée de Liège. En combinant la vérité brute de la photographie et la finesse de la gravure, cet événement propose un voyage temporel d’un réalisme époustouflant, intergénérationnel et profondément ancré dans l’identité liégeoise.
« Un musée est un lieu de réflexion sur ce que nous souhaitons transmettre aux générations futures. » Cette phrase, prononcée par Luc Gillard lors du discours inaugural, résonne avec une force particulière dès l’entrée. Et elle trouve un écho dans la ligne du temps traçant un pont vertigineux entre les débuts de la grande épopée industrielle de Liège et notre quotidien hyperconnecté, marqué par l’avènement des smartphones. En un regard, le visiteur mesure le chemin parcouru, les révolutions techniques et les mutations sociétales qui ont façonné le paysage et les mentalités de la province.
Ce devoir de transmission prend tout son sens au fil des salles, où se croisent plusieurs générations. Certains visiteurs sont même venus accompagnés de leurs enfants. Pour ces derniers, habitués au confort moderne, la confrontation avec la réalité historique est un choc salutaire. C’est précisément là que réside la réussite de l’événement : permettre aux plus jeunes de comprendre d’où ils viennent, d’intégrer cette mémoire collective et de poser un regard conscient sur le monde actuel.
Le cœur de l’exposition bat au rythme de ce double regard croisé, au début du 20e siècle. D’un côté, les clichés de Gustave Marissiaux capturent le quotidien des charbonnages avec un réalisme poignant. Face aux images de ces femmes et de ces enfants soumis au labeur de la mine, le public s’arrête, saisi par l’émotion. L’expérience devient totale grâce à l’utilisation d’un stéréoscope. Cet appareil d’époque, qui recrée une vision en relief, s’avère totalement bluffant : l’espace de quelques secondes, le spectateur est littéralement projeté au fond des galeries, partageant la pénombre et la poussière des mineurs.
Pour compléter cette plongée dans la réalité liégeoise, les gravures de François Maréchal apportent une sensibilité unique. Son travail dialogue parfaitement avec l’œuvre de Marissiaux. Là où l’appareil photo fige l’instant, le burin et l’eau-forte de Maréchal viennent graver l’âme de la cité ardente, de ses usines et de ses quartiers populaires. Une double proposition artistique et historique indispensable, à découvrir à son rythme au Musée de la Vie wallonne.