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Rédaction et Photos : Lucas Gilson

Ce vendredi 20 mars, l’air de la rue Pierreuse avait ce goût particulier des grands soirs. Pour lancer les hostilités d’un week-end célébrant quatre décennies de résistance culturelle et de partage, la Casa Nicaragua n’a pas fait dans la demi-mesure en confiant les clés de la scène à Grim, fer de lance d’un rock expérimental qui refuse de choisir son camp.

« Je les avais vu jouer en Pierreuse. Ça fait un moment qu’ils répètent ici, donc je me suis dit que c’était l’occasion parfaite pour qu’ils jouent en live. » — Margo, cheville ouvrière de la Casa Nicaragua.

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Une alchimie forgée dans l'ombre

Il est 21h20 quand le premier mur de sons s’abat sur une salle déjà électrique. Si Grim occupe les lieux en résidence depuis un an, ce n’était pas qu’une répétition publique : c’était une démonstration de force. On sent immédiatement que ces douze mois de labeur en autarcie ont poli un diamant brut. L'énergie est brute, frontale, mais portée par une précision technique qui trahit une ambition dévorante. Ces quatre-là ne jouent pas simplement de la musique ; ils cherchent à conquérir chaque centimètre carré d’espace sonore.

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L’art de la polyvalence chaotique

Le public, d'abord aux aguets, a rapidement basculé dans une transe collective. Pogos, sueur et sourires carnassiers : l'indifférence n'était pas au programme. Il faut dire que Grim est un monstre à plusieurs têtes. Ici, personne n’est assigné à résidence derrière son instrument.

Le guitariste dégaine l’harmonica entre deux riffs acérés, tandis que le bassiste s'empare du micro avec une urgence punk. Mention spéciale à la section vent/clavier : une véritable équilibriste sonore capable de jongler entre accordéon et trompette, parfois simultanément, sans jamais perdre le fil d'une mélodie qui slalome entre blues crasseux et envolées expérimentales.

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Briser les barrières

Pendant une heure et demie, le groupe a prouvé que les genres ne sont que des limites pour ceux qui manquent d’imagination. Passer d’une rythmique syncopée à une explosion de saturation se fait ici avec une fluidité déconcertante. Le set, d'une densité rare, a filé comme un éclair, laissant l'audience sur sa faim de décibels.

Heureusement, la Casa, fidèle à sa réputation de noctambule, avait prévu le remède : un DJ set pour assurer la transition vers l’aube. Si le week-end des 40 ans ne fait que commencer, Grim a placé la barre très haut. Le rock à Liège a encore de beaux jours, et de sacrées dents longues.

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Publié le 22 Mars 2026 par
Patrick Ndibwalonji

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