Johan

Interview : Nader Mansour

Rédaction : Patrick Ndibwalonji Badibanga

Photos : Paro Wuidar et Johan Lolos

Ce vendredi 15 septembre dès 18 heures à la Buronzu Gallery, Johan Lolos vous convie au vernissage de sa nouvelle expo intitulée Solitudes. Plus qu’une suite de photos, cette dernière est un véritable carnet de voyage. Venez découvrir avec nous l’artiste qui se cache derrière ces clichés ! 

Quatremille : Peux-tu te présenter succinctement ?

Johan : Bien sûr ! Je m’appelle Johan Lolos et je suis photographe de voyage depuis 10 ans. Après avoir été diplômé en 2013, j’ai décidé d’explorer le monde et j’ai pris un aller simple pour l’Australie. J’y suis resté un an puis je suis allé en Nouvelle-Zélande. Au terme de ces 2 voyages, j’ai pu me professionnaliser grâce à des clients qui sont venus à moi. Et j’ai continué ma route.

Q : Comment abordes-tu la photographie ? Que représente l’image pour toi ?

J : J’essaie de me représenter la photographie comme un outil documentaire qui doit donner une trace de l’histoire. Enfin, c’est ma vision d’aujourd’hui. À mes débuts, j’étais plutôt dans l’instantané. J’avais une culture web de la photo. Avec le temps, je me suis de plus en plus éloigné des réseaux sociaux pour me rapprocher de la lignée des photographes plus traditionnels.

Q : C’est quoi être photographe en 2023 ?

J : Hier, j’étais à une conférence de Sebastião Salgado, et il a pointé du doigt toute la salle en disant : « Vous prenez tous des photos, et pourtant vous n’êtes pas photographes ! » Pourquoi ? Parce qu’on a tous des photos dans nos smartphones, qu’on prend n’importe quand et pourtant on ne les regarde même pas ! Il a insisté sur le fait que si demain tu perds ou tu casses ton téléphone, tu t’en foutras. Et il faisait un parallèle avec la génération précédente qui prenait des photos qui atterrissaient dans des albums. Ça, c’était de la photo !

Q : Pourrais-tu nous faire un tour d’horizon de tes voyages ?

J : J’ai voyagé dans plus de 50 pays, mais sur les 30 photos de l’exposition, il n’y en a que 15 qui sont montrés. L’Inde, l’Islande, la Suisse, la Namibie, la Mongolie, la Grèce en font partie.

Q : Quand on fait le tour du monde, comment voit-on Liège ? Qu’est-ce qui reste comme rapport entre toi et ta ville ?

J : Comme je le dis toujours, mes racines sont à Liège. Cela dit, je suis plus attaché au concept de racines que de ville bien définie. Je n’ai pas d’attachement direct à Liège, mais plutôt aux gens que je connais comme les amis ou la famille. Honnêtement, ma vie est faite de contraste et mon exposition en est un bel exemple. J’essaie de la balancer le plus possible en trouvant la juste mesure entre mes voyages et mes retours à la maison qui sont une routine tout à fait banale. Quand je suis dans la routine un long moment, j’ai besoin de partir et quand je pars longtemps, j’ai besoin de revenir.

Q : Pourquoi cette expo, maintenant ?

J : J’ai plusieurs raisons. D’abord, je voulais marquer le coup, car ça fait 10 ans que j’ai commencé à voyager. Deuxièmement, la galerie m’a justement contacté à ce moment. Et troisièmement, je voulais en quelque sorte tourner la page. Aujourd’hui, il y a des photos comme celles que je fais de paysages, genre celle avec le grand sapin qui monte, que je ne ferais probablement plus. J’ai envie de me concentrer sur mon futur qui serait plutôt du reportage ou du documentaire tout en ne reniant pas mon passé.

Q : Qu’est-ce qui déclenche une photo chez toi ?

J : Les émotions, je dirais. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il y a certaines photos qui sont de pures instantanées, comme celle que tu vois ici en Mongolie avec les vaches derrière. Celle en Inde derrière toi est similaire. J’étais sur le Gange et je n’avais que 10 secondes pour la prendre. Mais à côté de cela, tu as aussi des photos plus réfléchies et travaillées, comme celle avec l’arbre derrière toi. Ce que tu ne vois pas, c’est qu’il y a d’immenses dunes derrière ! J’étais là depuis le matin, il y avait de la brume et j’ai attendu que le soleil se lève. Tout ce temps, j’étais dans un état de transe qui a duré une heure. En résumé, c’est une photo réfléchie, mais qui découle quand même d’une émotion.

Q : Peux-tu nous citer un lieu ou un objet qui t’attache à Liège ?

J : Ça va être bateau, mais mes meilleurs moments à Liège, ce sont les guindailles étudiantes. Donc si je dois te citer un objet, je dirais le Torè.

Johan
Publié le 15 Septembre 2023 par
Patrick Ndibwalonji

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