

Rédaction : Patrick Ndibwalonji Badibanga // Photos : Luc Lamy, GillesDewalque, Patrick Ndibwalonji Badibanga
Né de la rencontre entre Elsa Verhoeven et Olivier Jacqmin, KØCAZE s’impose comme une alchimie improbable. Deux musiciens aux méthodes de travail opposées – l’une ancrée dans la rigueur théorique, l’autre guidé par l’instinct – qui ont choisi de se confronter à l’inconfort créatif. De ce frottement est née une identité sonore singulière, où le piano et la guitare se mêlent aux textures électroniques pour façonner un univers à la fois sombre, fragile et puissant. Il y a peu, le duo a sorti un EP D’Or & de Sang. Suivez-nous chez Watch Smell Taste pour en apprendre davantage sur eux.


« Avant, jouer du piano devant des gens, c’était une vraie torture pour moi ! », confie Elsa avec le sourire. Pourtant, dans le projet KØCAZE, c’est bien elle qui s’occupe du clavier, et elle y prend désormais du plaisir. Paradoxalement, tout est parti de la période du Covid. « On a commencé à jouer ensemble en 2020 pour passer le temps », précise Elsa pour poser le contexte. Comme ils y prenaient beaucoup de plaisir, la même année, le duo sort un premier EP, The Drift, qui amorce les bases d’une écriture hybride. Cependant, c’est une rencontre en studio avec Koen Gisen qui provoque un déclic : « Vous avez une langue qui se chante facilement et qui sonne bien : pourquoi ne pas en profiter ? » propose-t-il. La suggestion bouleverse leur approche et ils décident de suivre son conseil. Cinq ans plus tard, le nouvel EP du duo, D’Or & de Sang, disponible depuis le 11 juillet sur le label américain Dune Altar, confirme cette mue.
Musicalement, KØCAZE revendique une esthétique à la croisée de la dark pop, du doomgaze, du trip-hop et du néoclassique. Les voix aériennes d’Elsa survolent des nappes sonores délicates ou rugueuses, dans un équilibre fragile entre minimalisme instrumental et intensité émotionnelle. Le résultat ? Une musique cinématographique qui évoque tour à tour le deuil, la mémoire, l’identité et ces instants de lumière qui percent les ténèbres. De la chanson française ténébreuse qui plaît beaucoup dans les pays anglo-saxons en quelque sorte.
Même leur chat se laisse régulièrement entraîner par les sonorités si particulières du duo, qui a pour habitude de répéter dans le salon. « Parfois, il n’est pas d’accord qu’on fasse de la musique et alors ça devient un carnage ! », sourit Olivier.
Quoi qu’il en soit, le groupe n’est pas près de s’arrêter, puisqu’il prépare déjà un nouveau disque. Une release à Liège est prévue très bientôt : restez attentifs !

